Les budgets performances existent depuis bien des années (depuis 2013 plus précisément) et ils ont à maintes reprises fait leurs preuves. Plus d’un CTO a atteint et maintenu ses objectifs de performance grâce à ce budget.
Non nous ne parlerons pas ici de la somme que vous devrez dépenser pour atteindre vous aussi des bonnes performances cette année. Nous allons décortiquer cette notion de Budget Performance qui gagne à être connue et qui mériterait d’être bien plus utilisée par tous les faiseurs du web.

Qu’est-ce qu’un Budget Performance ?

Lorsque nous parlons de Budget Performance, nous ne parlons pas de budget financier.
Un Budget Performance consiste à définir le seuil de performance que l’on ne souhaite pas dépasser. Il ne s’exprime donc pas en Euro, mais en métrique poids des pages ou encore nombre de fichiers.
Ce Budget Performance va ainsi permettre de maintenir un site rapide et de détecter toutes régressions.

Ainsi, nous nous assurons de ne jamais oublier ce critère performance et d’en faire un point de vigilance majeur.

Pourquoi un Budget Performance est-il nécessaire ?

En octobre 2000, le poids moyen d’une page web était de 89 Ko (images et scripts compris).
Aujourd’hui, le poids moyen est de 2,6 Mo, soit une multiplication par trente en quinze ans. Le nombre de requêtes a quant à lui été multiplié par 10.
La course aux KPI nous amène à installer toute sorte de traqueurs et widgets, ce qui dégrade fortement les performances.

Notre usage du web quant à lui, est de plus en plus mobile. Les connexions sont donc moins stables (elles sont soumises à la qualité du réseau et de notre situation géographique).
Les exigences des internautes sont elles, de plus en plus élevées : après 3 secondes d’attente, 57% des internautes quittent un site et 80% d’entre eux n’y reviendront jamais.

La conception des sites web et nos usages ne sont donc pas du tout alignés en termes de performance.

Il devient donc urgent de mettre au régime les sites web et de les optimiser. En cela, le Budget Performance est une clé !

Comment fixer un Budget Performance ?

Pour fixer un Budget Performance, plusieurs éléments sont importants :

    • Toutes les équipes (marketing, designers, développeurs) doivent être impliquées et définir ensemble les indicateurs techniques à suivre et à ne pas dépasser. Il est important que chacun soit conscient que la performance n’est pas une thématique réservée aux développeurs ; elle est une fonctionnalité essentielle du design.
    • Le Budget Performance doit être établi dès le début du projet.
      Définir un Budget Performance lorsque l’apparence d’un site est déjà finalisée, limite son efficacité. Une solution est d’intégrer la performance et son monitoring dans le cahier des charges.
  • Le choix des métriques à suivre doit être murement réfléchi. Vous pouvez par exemple mesurer :
    • Les jalons temporels : tel que le Start Render ou Time To First Click
    • Le Speed Index : qui retranscrit bien l’expérience utilisateur
    • Les métriques de bases : tel que le nombre de requêtes, le poids d’une page ou encore le poids des images
    • Les Scores basés sur des règles webperf : tel que Yslow, Page Speed Insight ou encore webpagetest.

    Lors du choix des métriques budgétées, il est important de ne pas se limiter à la performance des serveurs. Il faut se rapprocher le plus possible de l’expérience utilisateur.</>

    • Se positionner par rapport à ses concurrents peut être une façon de fixer son seuil de performance. Selon Tim Kaldec, nous ne percevons une différence entre deux durées que si l’écart est supérieur à 20%. Ainsi, vous pouvez décider que votre budget correspond à un Speed Index toujours 20% inférieur à celui de votre principal concurrent.

    Bien sûr, plus la prise en compte de la performance sera tardive, plus les efforts à mettre en oeuvre seront importants.

    Comment respecter un Budget Performance ?

    Dans le cas où l’ajout d’un composant dépasserait le budget fixé, quatre solutions s’offrent à vous :

    1. Optimiser une fonctionnalité ou un asset déjà existant.
    2. Supprimer une fonctionnalité ou un asset déjà existant.
    3. Ne pas ajouter cette nouvelle fonctionnalité.
    4. Ou, en dernier recours, faire évoluer le Budget Performance afin de redéfinir un cadre plus adapté. Bien sûr, cela ne doit pas être la solution adoptée à chaque obstacle rencontré.

    Le Budget Performance sert de point de référence pour toute la vie du site. Il permet de prendre conscience de ce qu’implique chaque ajout (de script, d’image, de widget, etc.).

    Il est temps de donner à la performance toute l’attention qu’elle mérite. Ce budget est une bonne base pour démarrer et préparer la remise en forme du web !

    Comment mesurer la webperf ? Entre Synthetic Monitoring et Real User monitoring. Lire l'article

    Source : Dareboost

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