Avez-vous déjà essayé de mesurer la vitesse de votre site avec Test My Site de Google ?
Anthony Barré, notre CTO et expert webperf, s’est penché dessus pour décrypter les conditions des tests et analyser les résultats.
Dans cet article, nous allons voir en détail en quoi c'est un outil marketing intéressant, et ses limites pour une analyse des performances web poussée.

Google Test My Site : explication des conditions des tests

Dans cet article publié précédemment sur notre blog, nous vous expliquions comment mesurer les impacts business de la webperf mobile avec Test My Site de Google. Comment sont réalisés les tests ? D’où viennent les données présentées dans les rapports ? Pour commencer, re-situons Test My Site dans l’environnement Google.

Lighthouse et les données CrUX

Test My Site de Google fait appel aux mêmes outils que PageSpeed Insights :

  • Lighthouse (Synthetic Monitoring). C’est l’extension Chrome qui analyse en détail les pages web pour établir des audits de performance, de compatibilité PWA, d’accessibilité, de SEO... Les rapports générés sont à destination d’un public averti, ils sont établis sur la base de deux navigations successives (run).
  • Les données réelles (Field data) de chargement des pages collectées de façon anonyme par Google via Chrome (Real User Monitoring).
    Elles sont regroupées au sein d’une base de données appelée CrUX (ChRome User eXperience). CrUX comprend actuellement plus de 5 millions de sites web à fort trafic. Si votre site n’est pas dans cette base de données, Test My Site de Google (comme PageSpeed Insights) fait un appel supplémentaire sur votre site lors de son exécution.

Les conditions de localisation et de connexion de Test My Site de Google

Nous avons testé l’outil depuis nos ordinateurs (en France) en choisissant différents pays (Espagne, France, Mexique), et nous avons remarqué que tous les tests étaient effectués depuis le datacenter de Google en Allemagne, en vérifiant quels points de présence de notre CDN étaient sollicités. Il s’agissait systématiquement du point de présence de Francfort. Nous avons complété ces tests en les lançant aussi depuis les USA, et les appels venaient cette fois des USA.

Nous avons pu en conclure que les tests sont effectués depuis la zone où on se situe quand on les lance - contrairement à WebPageTest qui utilise des agents situés dans les pays cibles.

Remarque importante : ces tests Lighthouse sont effectués avec une connexion native et les résultats sont extrapolés en fonction d’un algorithme, ce qui peut induire une marge d’erreur, et qui diffère des tests Lighthouse lancés par WebPageTest par exemple (où la connexion est simulée).

Quant au nombre de runs, il y en a systématiquement 2 à 3 sur les tests que nous avons effectués. C’est peu. Il en faudrait une dizaine pour que les temps de chargement indiqués soient plus fiables.

Comment lire les résultats de Test My Site ?

Une fois le test lancé, vous pouvez obtenir les résultats de performance par pays, et par qualité de réseau :

Google Test My Site - Résultats par pays et qualité de réseau

Une seule métrique webperf est proposée dans les résultats, et ne permet pas de tirer des conclusions sur la performance web d’un site. Il faudrait pour cela plusieurs indicateurs webperf (Speed Index, Start Render, Time To First Byte…).
En effet, la limite du fait de se baser sur un seul indicateur est qu’il n’offre qu’une vision partielle des performances, ignorant la multiplicité et la complexité des facteurs qui interviennent dans la perception de vitesse de chargement d’une page. C’est précisément pour éviter ce biais que Fasterize prend en compte 7 à 8 métriques webperf.

Pour ces raisons, Test My Site de Google est un outil sympathique pour des mesures de performance visant à nourrir une stratégie SEO, marketing ou business, mais nous allons voir pourquoi d’un point de vue technique les résultats sont à relativiser.

L’audit de vitesse de Test My Site

Si votre site a une petite audience et ne fait pas partie du panel CrUX, vous pouvez ne pas avoir accès à toutes les données, mais vous pourrez toujours renseigner certaines d’entre elles manuellement pour profiter des fonctionnalités de test et de comparaison que nous allons voir après. Dans ce cas, le rapport généré indique la vitesse de la page uniquement d’après Lighthouse, sans données de terrain.

  • la donnée Site Speed correspond à la métrique First Contentful Paint (ou FCP, équivalent du Start Render), relevée via PageSpeed Insights, sur la base d’une connexion 4G, et non ventilée par pays. Chaque test est susceptible de renvoyer des résultats différents ;
  • la note Rapide / Moyen / Lent est attribuée selon la vitesse de la page : Rapide = entre 0 et 2,5 s, Moyenne = entre 2,5 secondes et 4 s, Lente = 4 s ou plus ;
  • la tendance trimestrielle compare la vitesse (Largest Contentful Paint) entre le trimestre en cours et le trimestre précédent, sur la base de données CrUX ;
  • au-dessus de ces résultats, Google propose des conseils d’optimisation et des bonnes pratiques pour améliorer les performances. Même génériques, elles restent intéressantes. Elles proviennent de Lighthouse, et elles constituent une bonne base de réflexion. Pour les mêmes raisons qu'il ne faut pas appliquer toutes les recommandations de PageSpeed Insights ou Lighthouse à le lettre, mieux vaut s’appuyer sur des outils plus poussés et les recommandations d’experts web performance avant de se lancer.

Tester, comparer et calculer

Sous les résultats Test My Site se trouve un onglet “Discover other speed measurement tools”, à déplier pour profiter des fonctionnalités qui vont vous aider à comprendre le potentiel business de pages plus rapides.

Vous pouvez :

  • tester la vitesse de pages individuellement, et obtenir quelques conseils basiques pour améliorer leur vitesse de chargement ;
  • comparer votre vitesse avec celle de vos concurrents (ici le FCP est combiné avec DOMContentLoaded et Onload, c’est pourquoi le classement peut ne pas respecter l’ordre croissant des chiffres affichés dans la colonne Site Speed) ;

Test My Site benchmark

  • évaluer les gains que vous pourriez générer en plus en optimisant votre vitesse, sur la base de votre trafic, vos taux de conversions et votre panier moyen.

Test My Site business


Les points à retenir :

  • Les tests sont effectués depuis la zone géographique de l'utilisateur qui les lance.
  • Pour la partie mesure, Test My Site reprend les données CrUX si elles sont disponibles, et sinon, utilise un test Lighthouse.
  • Si les données CrUX sont disponibles, la vitesse du site indiquée est le 90ème centile du FCP (90% des utilisateurs de la population visées par le CrUX ont un FCP inférieur). A prendre avec du recul donc.
  • Pour les données Lighthouse, la vitesse du site indiquée est le FCP du test en question.
  • Les recommandations d’optimisations se basent sur les données Lighthouse issues de tests lancés sur une seule page. Elles sont intéressantes mais restent génériques.
  • Si votre site ne fait partie du panel CrUX, les données proposées sont plus limitées, et elles sont à renseigner manuellement pour profiter des outils de benchmark.

Vous souhaitez aller plus loin pour décrypter et analyser votre vitesse de chargement ?

Téléchargez le livre blanc

 


Hello SMX Paris !