Sur 1 469 sites parmi les plus visités de France, 61 % sont bien préparés pour Google. Pour la recherche par les IA, ils ne sont que 9 %. C’est le résultat le plus net du Digital Experience Benchmark 2027, que nous avons présenté en direct lors de Fasterize Connect. Voici ce que disent les chiffres, ce que nous en retenons après quinze ans passés à optimiser des sites, et par où commencer.

Comment avons-nous mesuré ?
Le panel réunit les sites les plus visités de France dans quatre secteurs : retail, voyage, banque et assurance, luxe (classements d’audience Similarweb, août 2026). Chaque site est noté sur 100 sur cinq piliers : Search, AI Search, expérience, accessibilité et agents IA. Un site est « bien optimisé » au-delà de 80.
Deux choix de méthode comptent pour la suite. Sur l’expérience, nous demandons qu’au moins 90 % des visiteurs vivent une bonne expérience, là où Google se contente de 75 %. Sur l’accessibilité, un seul obstacle courant suffit à faire échouer un site, là où le score de Google fait une moyenne.
Une limite, enfin : l’étude mesure la préparation technique des sites. Elle ne dit rien de leur présence réelle dans les réponses des IA, ni de leurs ventes. Et 180 sites (12 %) ont bloqué notre robot : ils n’ont pas été notés.
Votre site est bien référencé : est-il lisible pour une IA ?
Commençons par la bonne nouvelle. Le référencement est la force des sites français : 61 % sont bien préparés pour les moteurs, et l’indexation atteint 86 sur 100 en moyenne. Les points faibles sont ailleurs : les snippets (ce que Google affiche de vos pages avant le clic, souvent tronqué ou dupliqué) et la structure des pages (hiérarchie des titres, images sans texte alternatif). Des basiques, qui servent aussi aux IA et à l’accessibilité.
Côté IA, la chute est nette : 9 % des sites seulement sont bien optimisés pour la recherche par les IA, et à peine un site bien préparé pour Google sur dix l’est aussi pour les assistants. Pour 63 % des sites, l’AI Search est le plus faible des cinq scores.
L’explication tient à la façon de lire. Google exécute le JavaScript et sait interpréter des pages complexes. La plupart des robots IA lisent le code brut et ignorent ce qui s’affiche après coup. Des avis clients ou des onglets de fiche produit chargés en JavaScript n’existent pas pour eux. Ils privilégient aussi les contenus structurés : or près de 2 sites sur 3 ne balisent aucune FAQ, le format question-réponse que les assistants reprennent le plus facilement.
Trois familles de robots, trois décisions
Avant de parler de blocage, il faut distinguer trois familles de robots IA :
- Les robots d’entraînement (GPTBot, ClaudeBot, CCBot) nourrissent les modèles et ne vous envoient aucun visiteur. Les bloquer est un choix de marque, et ne vous retire pas des réponses de ChatGPT : ce n’est pas GPTBot qui répond.
- Les robots de recherche (OAI-SearchBot, PerplexityBot) constituent l’index dans lequel l’assistant puise ses réponses. Si vous les bloquez, vos pages ne sont pas dans le stock.
- Les robots à la demande (ChatGPT-User) viennent lire une page au moment précis où un utilisateur pose sa question.
Pour faire simple : le robot de recherche range la bibliothèque, le robot à la demande va chercher le livre pour un client précis. Ces deux familles-là, il faut les laisser passer.
Dans l’étude, 1 site sur 10 ferme la porte à au moins un robot IA. Dans deux cas sur trois, seuls les robots d’entraînement sont visés. Mais 4 sites sur 100 bloquent aussi ceux qui alimentent les réponses. Le retail est le secteur le plus fermé (13 %), alors qu’il vend précisément ce que les assistants aident à comparer.

Ce qui nous a frappés, c’est que ces blocages sont rarement décidés. Ils viennent souvent d’un outil anti-robots configuré par défaut, sans que le marketing, le SEO et la sécurité aient tranché ensemble. Et ce trafic n’apparaît ni dans GA4 ni dans la Search Console : pour savoir quels robots lisent vos pages, et quelles erreurs ils rencontrent, il faut regarder vos logs.
Le canal IA pèse peu : pourquoi s’en occuper maintenant ?
Le canal est encore petit, et nous le disons à nos clients. Les assistants IA apportent 2 visites pour 100 venues des moteurs de recherche, et la recherche organique reste la première source de trafic pour 6 sites sur 10.
Mais ce trafic convertit mieux. Castorama l’a dit lors de Fasterize Connect : les IA représentent environ 1 % de son trafic, avec un taux de transformation nettement supérieur. L’image retenue ce jour-là est parlante : l’IA joue le rôle du vendeur qui accompagne le client jusqu’à la caisse. Nos propres tests vont dans le même sens. Sur un site retail (plus de 850 000 visites), accélérer le site a augmenté la conversion des visiteurs venus des IA de 24 %, contre 8 % pour les autres canaux.
Surtout, les assistants comparent et recommandent avant le clic. La liste des marques se forme sans que votre site en voie la trace. Le jour où ce canal pèsera lourd, les sites lisibles auront pris de l’avance.
Une fois sur le site, 1 visiteur sur 4 laissé de côté
Selon les seuils de Google, 40 % des sites offrent une bonne expérience. Avec notre exigence de 90 % de visiteurs bien servis, ils ne sont plus que 4 %. Le quart de visiteurs que la grille de Google laisse de côté, ce sont des clients bien réels : ils attendent, cliquent dans le vide, puis repartent.
« Ça fait quinze ans que je travaille dans la webperf. Regardez la part de visiteurs qui ont réellement une bonne expérience, pas seulement si c’est vert, orange ou rouge. Visez au moins 90 %. »
Stéphane Rios, CEO de Fasterize
Le point faible n’est plus l’affichage. Les sites ont beaucoup travaillé leur vitesse de chargement depuis dix ans. C’est la réactivité qui pèche : près d’1 site sur 2 réagit trop lentement aux clics (un INP au-dessus de 200 millisecondes). Votre client parcourt le catalogue sans souci, puis bute au moment d’ajouter au panier ou de comparer deux produits. Le voyage est le secteur le moins réactif, sans doute à cause de ses formulaires : dates, destinations, options. Et l’écart se creuse sur mobile, où seul 1 site sur 20 offre une bonne expérience à 9 visiteurs sur 10, contre 1 sur 7 sur ordinateur. Or 8 pages vues sur 10 se font sur mobile.
L’accessibilité suit la même logique. Selon le score de Google, 41 % des sites sont accessibles. Selon notre analyse, seuls 8 % échappent aux six obstacles les plus courants. Le contraste insuffisant touche 79 % des sites, les liens sans nom compréhensible 63 %, les boutons sans nom 47 %. Un seul bouton muet suffit à bloquer un client qui navigue avec un lecteur d’écran. En France, 1 personne sur 7 vit avec un handicap. Et depuis le 28 juin 2025, l’accessibilité est obligatoire pour le commerce en ligne, les services bancaires et le transport de voyageurs, avec 7 500 euros d’amende par infraction constatée, cumulables.
Les agents IA lisent déjà vos fiches produit
Les agents n’achètent pas encore massivement à la place des clients. Mais ils lisent déjà les catalogues. Sur une centaine de sites e-commerce français suivis par Fasterize, des agents ont réalisé plus de 200 ajouts au panier en six jours fin octobre 2026, soit encore moins de 0,01 % des ajouts (nous l’avons détaillé ici).
Prenez une fiche produit telle que la voit votre client : un canapé, son prix, sa disponibilité, un bouton d’ajout au panier. Un robot IA qui n’exécute pas le JavaScript peut n’y lire que le nom du produit. Pas de prix, pas de stock, un bouton dont il ignore la fonction. Ce cas n’a rien d’exceptionnel : chez près d’un marchand sur deux, prix ou stocks n’apparaissent qu’après exécution du JavaScript. Près d’un sur quatre ne publie aucune donnée structurée (prix, devise, disponibilité) sur ses fiches produit. Et 3 sites sur 4 ont des formulaires qu’un agent ne sait pas remplir, faute de champs nommés.

Un agent ne recommande que ce qu’il comprend. Un prix qu’il ne lit pas, c’est un produit absent de sa sélection, et aucun de vos outils ne vous le signalera. Selon Shopify, les recherches IA qui s’appuient sur des données produit structurées convertissent deux fois mieux que celles qui se contentent de lire les pages.
Pourquoi les leaders ne font pas mieux
On pourrait s’attendre à ce que les sites les plus visités soient les mieux préparés. C’est l’inverse. Sur trois piliers, les 100 premiers sites de chaque catégorie font moins bien que ceux classés de la 101e à la 500e place : 59 % contre 65 % sur le Search, 32 % contre 40 % sur les agents IA, et deux fois moins de sites offrant une bonne expérience (2,4 % contre 5,2 %). Sur l’AI Search et l’accessibilité, aucun écart significatif.
« L’audience, la notoriété, les ressources, ce n’est pas ça qui compte. Ce qui compte, et je le vois tous les jours, c’est la vélocité de votre organisation. »
Stéphane Rios, CEO de Fasterize
Corriger un problème une fois, en mode commando, ne suffit pas. Chaque mise en production peut réintroduire un obstacle, un robot bloqué, un prix chargé en JavaScript. Dans beaucoup d’organisations, le cycle complet (analyser, décider, mettre au backlog, déployer, mesurer) prend des semaines, parfois des mois. Le correctif prend une minute, la coordination prend le reste. Alexandre, chez Castorama, résume la démarche en une phrase : « On teste, on regarde l’impact, on le quantifie. » Tout l’enjeu est d’accélérer cette boucle.
Par où commencer ?
Cinq décisions, qui ne demandent pas de refonte :
- Décidez de votre politique de robots IA. Comparez votre robots.txt et les réglages de votre outil anti-robots aux accès réels relevés dans vos logs. Laissez passer les robots de recherche et à la demande ; tranchez pour ceux d’entraînement.
- Rendez l’essentiel lisible sans JavaScript : prix, stock, avis clients et FAQ doivent figurer dans le HTML.
- Balisez vos offres et vos FAQ en données structurées : prix, devise, disponibilité, questions et réponses.
- Mesurez l’expérience à 90 %, sur mobile, en commençant par la réactivité aux clics (INP), page par page sur les types de pages qui portent le chiffre d’affaires.
- Raccourcissez la boucle entre le constat et la correction : c’est elle qui sépare les sites qui progressent de ceux qui restent figés.
L’étude complète détaille les résultats par secteur et, pour le retail, par univers (mode, maison, distribution, beauté, loisir, auto, santé) : téléchargez le Digital Experience Benchmark 2027 pour vous situer dans votre secteur.
Situez votre site dans votre secteur
Le Digital Experience Benchmark 2027 détaille les résultats des 1 469 sites analysés, secteur par secteur et, pour le retail, univers par univers : mode, maison, distribution, beauté, loisir, auto, santé.