Il y a deux écoles pour mesurer la webperf : le Synthetic Monitoring et le Real User Monitoring. Souvent opposées, les deux méthodes ont pourtant l’avantage de se compléter.

Dans cet article, nous faisons le point sur ces deux types de monitoring. De quoi s’agit-il ? À quoi servent-ils ? Comment les utiliser de façon efficace ? Quels sont les pièges à éviter ?

Le Synthetic Monitoring (ou Active monitoring)

Les tests sont exécutés sur des serveurs depuis des datacenters utilisant une connexion bridée pour simuler les conditions qu’un utilisateur moyen peut rencontrer. Les pages web sont réellement chargées depuis un navigateur web afin de collecter des mesures de performance correspondant à la réalité de l’expérience utilisateur.

Les avantages :

  • Contrôle des conditions des tests
  • Possibilité de tester plusieurs fois un même scénario et ainsi de mieux comparer les résultats (grâce au script des scénarii et le nettoyage systématique du cache)
  • Rien à installer

Exemple : Webpagetest, SpeedCurve, Catchpoint.

1.Les données collectées grâce au Synthetic Monitoring

Le Synthetic Monitoring permet de collecter plusieurs indicateurs :

  • le Waterfall et les en-têtes HTTP :webpagetest-waterfallIls permettent d’analyser le chargement de chaque élément de la page à travers le temps. Ce sont des graphiques particulièrement intéressants pour déterminer les éléments bloquants.
  • les filmstripstools-webpagetest-filmstripGrâce au filmstrip, le chargement de la page n’est plus représenté avec des chiffres ou des graphiques, mais avec des images. Il permet de réellement visualiser ce que l’internaute voit sur son écran à chaque seconde.
  • les métriques réseau (requêtes, poids de la page, temps de chargement global …)indicateurs1
  • les métriques “rendu de la page” (notamment le Start Render et le Speed Index)indicateurs2Pour en savoir plus sur le Start Render et le Speed Index, cliquez ici >>

2.Comment bien exploiter le Synthetic Monitoring ?

Collecter des données c’est bien, mais encore faut-il savoir les exploiter. Le Synthetic Monitoring permet de pointer du doigt des difficultés dans le chargement des pages, mais il peut être aussi exploité plus largement.

Le benchmark technique
Le Synthetic Monitoring peut aussi faire l’objet de benchmarks afin de se situer par rapport à ses concurrents.
Un point de comparaison peut aussi être le classement mensuel du JDN.

Le budget performance
Le Synthetic Monitoring permet d’établir et tenir un Budget Performance. Il s’agit d’évaluer un seuil technique que l’on ne souhaite pas dépasser. Pour cela, vous définissez les métriques qui vous semblent les plus pertinentes et vous convenez d’un seuil à ne pas dépasser (par exemple : les pages web ne doivent pas dépasser x ko ou le Start Render doit absolument être en dessous des 2 secondes, etc.).

Pour mettre en place un Budget performance, il est important que chaque personne contribuant à l’évolution de votre site web soit intégrée à la discussion. Vous vous assurez ainsi que tout le monde a le même niveau de connaissance du sujet et vous les engagez dans cette prise de décision.

Le signalement des SPOF (Single Point Of Failure)
Les outils de Synthetic Monitoring ont par ailleurs l’avantage de pointer du doigt les SPOFs et d’identifier leurs impacts sur l’expérience utilisateur.

Le Real User Monitoring (ou Passive monitoring)

En ce qui concerne le RUM, les mesures ne sont plus effectués à un instant T mais en continu.
Un code JavaScript injecté dans chaque page web permet de mesurer les temps de chargement de la page pour chaque requête.

Les avantages :

  • Analyse du trafic réel du site
  • Mesure continue
  • Les résultats prennent en compte tous les utilisateurs, quelque soit leur navigateur, leur niveau de connexion (ADSL, 3G, Edge, etc.) ou encore leur lieu de connexion.
  • Le RUM a la capacité de capturer le comportement / les événements humains via des données de performance.

Grâce au RUM, vous n’avez plus besoin de pré-définir les différents cas d’usage que vous pourriez rencontrer.
rum_map
Exemple : Pingdom, Cedexis, Google Analytics, New Relic

Les données collectées grâce au RUM

 

  • Les taux de conversion et autres données business : certains outils de RUM permettent de mettre en corrélation les temps de chargement avec les taux de conversion.
    C’est notamment le cas de Google Analytics, Webperf.io, Cedexis.
    engagement

Le Synthetic Monitoring et le RUM ne présentent pas les mêmes indicateurs, mais ils ne s’opposent pas pour autant. Le Synthetic Monitoring vous permet de vous positionner par rapport à vos concurrents par exemple, tandis que le RUM permet de faire le lien avec l’expérience de vos clients. En cela, les deux méthodes peuvent se compléter. Il y a cependant quelques écueils à éviter.

Les écueils à éviter

Les résultats présentés par ces différents outils sont difficilement comparables. De manière générale, chaque mesure comporte un taux d’erreur.

Les temps remontés par un outil RUM proviennent des mesures sur une combinaison de first view et repeat view dans des contextes très différents. Au contraire, sur un outil de Synthetic Monitoring, les mesures sont généralement faites sur une first view dans un contexte établi (de laboratoire). Cela entraîne des résultats différents. Tous les résultats sont bons dans un contexte donné.
normal5

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Steve Souders, Guru de la webperf, a réalisé une petite étude sur son site web. Celle-ci montre bien à quel point les données issues du RUM et du Synthetic monitoring ne sont pas comparables.

Chrome 23 Firefox 16 IE 9
Synthetic First View (secs) 4.64 4.18 4.56
Synthetic Repeat View (secs) 2.08 2.42 1.86
Synthetic 50/50 (secs) 3.36 3.30 3.21
RUM (secs) 9.94 8.59 6,67
RUM data points 94 603 89

Cette étude met en avant deux points de vigilance :

  • Le RUM et le Synthetic Monitoring peuvent présenter des chiffres très différents. Cela ne signifie pas que les résultats sont faux (ou justes), ils proviennent simplement de deux outils différents. Il est important de comparer ce qui est comparable !
  • Soyez vigilant à ne pas analyser seulement les chiffres du Synthetic Monitoring. Il se peut que l’expérience utilisateur réelle soit un peu plus lente comme le montrent les chiffres du tableau ci-dessus.

La vitesse de chargement d’un site a plusieurs visages. On ne peut pas la définir en un seul chiffre :

numbers

L’avantage de cette pluralité de chiffres est qu’ils parlent à plusieurs de vos interlocuteurs.
Votre Responsable E-commerce sera sensible au gain business, pendant que votre expert en référencement s’intéressera plutôt au score PageSpeed ou au TTFB et votre directeur technique au temps nécessaire à la négociation SSL ou aux redirects.
Chacun à son niveau dispose de ses propres références et exigences. Pour qu’un site soit performant, il est nécessaire que chacun des acteurs soit moteur sur le plan de la webperf.

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